Les mitochondries

Les mitochondries

Nos centrales vivantes

Imaginez une ville la nuit, éclairée de mille lumières. Pour que tout fonctionne, il faut de l’électricité partout et en continu. Notre corps fonctionne exactement ainsi.

Chaque cellule abrite des centaines, parfois des milliers, de minuscules structures appelées mitochondries. Ce sont de véritables centrales électriques miniatures, invisibles à l’œil nu mais indispensables à la vie.

Leur travail consiste à transformer l’oxygène que nous respirons et les nutriments de notre repas en une molécule de stockage d’énergie : l’ATP (adénosine triphosphate). Cette molécule alimente absolument tout : du battement du cœur à la pensée la plus fugace, en passant par la contraction d’un muscle ou la cicatrisation d’une plaie.

Les cellules les plus gourmandes en énergie en contiennent le plus grand nombre. Une cellule du muscle cardiaque peut ainsi renfermer plusieurs milliers de mitochondries, occupant parfois jusqu’à un tiers de son volume total. Une cellule de peau, moins active, en compte néanmoins quelques centaines. Cette répartition suit une logique simple : plus le besoin énergétique est intense, plus les centrales doivent être nombreuses et performantes.

Mais avant de comprendre leur fonctionnement, remontons à leur étrange origine.

Des bactéries devenues alliées

 

Voici un fait qui surprend souvent : les mitochondries ne sont pas nées avec nos cellules. En effet, elles ont une origine totalement indépendante, presque étrangère à notre corps.

Il y a environ deux milliards d’années, une bactérie capable d’utiliser l’oxygène a été absorbée par une cellule plus grande. Plutôt que d’être digérée, elle s’est installée durablement à l’intérieur, dans un échange de bons procédés : l’hôte offrait un abri et de la nourriture, la bactérie fournissait une énergie bien plus abondante grâce à l’oxygène.

Ce mariage de circonstance — que les scientifiques appellent l’endosymbiose — a donné naissance à toutes les cellules complexes qui composent aujourd’hui les plantes, les animaux et les humains.

La preuve la plus troublante de cette histoire ? Les mitochondries possèdent encore leur propre ADN, distinct de celui logé dans le noyau de la cellule. Cet ADN mitochondrial se transmet quasi exclusivement par la mère, de génération en génération, sans jamais se mélanger à celui du père. Ainsi, chacun d’entre nous porte en lui une trace génétique directe de sa lignée maternelle.

Cette origine bactérienne explique pourquoi le rôle de la mitochondrie dépasse aujourd’hui largement la simple fabrication d’énergie.

Les découvertes scientifiques récentes

Pendant longtemps, la biologie a résumé la mitochondrie à une simple « usine à ATP ». Mais ces deux dernières décennies ont totalement changé notre regard. Nous savons désormais qu’elle est un véritable chef d’orchestre cellulaire :

  • Un capteur de stress et un signal d’alerte : La mitochondrie détecte les agressions (infections, surcharges métaboliques, toxines) et envoie des signaux d’alerte au reste de la cellule pour ajuster sa réponse.
  • L’arbitre de la vie et de la mort (l’apoptose) : Elle orchestre la destruction programmée des cellules usées ou anormales. Sans ce nettoyage, les cellules défaillantes s’accumulent, favorisant des désordres graves comme le développement de tumeurs.
  • Le dialogue cellulaire (mitokines) : La recherche récente montre que les mitochondries émettent de petites molécules messagères — les mitokines — qui informent l’ensemble de l’organisme (cerveau, muscles, foie) sur leur niveau de stress énergétique.
mitochondries
  • Le transfert de mitochondries entre cellules : Découvert récemment, le phénomène de transfert mitochondrial montre qu’une cellule en difficulté peut recevoir des mitochondries saines transmises directement par des cellules voisines (notamment des cellules souches) via de microscopiques canaux. Un geste de solidarité cellulaire essentiel à la réparation des tissus.

    C’est pourquoi le déclin mitochondrial est directement associé à la fatigue chronique, aux maladies neurodégénératives, aux troubles métaboliques et au processus de vieillissement. Avec les années, le rendement et le nombre de mitochondries diminuent. Mais ce déclin n’est pas une fatalité inévitable : le renouvellement mitochondrial dépend directement de nos modes de vie.

    Le principe de l’hormèse

    Produire de l’énergie génère naturellement des composés réactifs : les espèces réactives de l’oxygène (ROS) ou radicaux libres. On les compare souvent à la « fumée » produite par une centrale.

    En quantité modérée, ces composés ne sont pas de simples déchets : ils agissent comme des mousse-signaux indispensables. En biologie, ce phénomène s’appelle l’hormèse : un léger stress temporaire stimule les défenses de la cellule et déclenche la création de nouvelles mitochondries (biogenèse), rendant l’organisme plus fort.

    C’est la surcharge chronique qui devient toxique :

    • La suralimentation et le sucre raffiné saturent la cellule en carburant, provoquant un stress oxydatif continu que le corps n’arrive plus à épurer.
    • La sédentarité signale à la cellule qu’elle n’a plus besoin d’énergie. Par un processus appelé mitophagie, l’organisme élimine le matériel inutilisé, réduisant le réseau mitochondrial.
    • Le stress chronique et le manque de sommeil consument l’ATP sans régénération, épuisant la cellule.
    • Les polluants environnementaux dégradent directement les enzymes clés du réseau énergétique.

    L’enjeu n’est donc pas de protéger la mitochondrie de tout effort, mais au contraire de lui offrir les bons stress adaptatifs pour stimuler sa plasticité et son renouvellement. En effet, les mitochondries se renouvellent, se multiplient et gagnent en efficacité tout au long de la vie, à condition de leur en donner l’occasion (voir encadré).

    Science moderne et sagesse ancienne

    Il est fascinant de constater que des traditions médicales ancestrales décrivaient déjà cette dynamique. La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) parle depuis des millénaires du Qì (l’énergie vitale puisée dans l’air et les aliments), du Jīng (la réserve profonde d’énergie reçue à la naissance) ou du Yang Sheng (« l’art de nourrir la vie »).
    Aujourd’hui, la biologie offre un éclairage moléculaire sur cette intuition clinique. Les mécanismes de l’ATP, de la biogenèse mitochondriale et de l’autophagie apportent un fondement biologique aux principes énergétiques observés depuis des millénaires par la Médecine chinoise.

    Stimuler la plasticité mitochondriale

     
    Pranayama

    Voici quelques techniques efficaces — issues des neurosciences, du sport et des traditions holistiques — pour activer ce grand renouvellement énergétique.

    1. L’Entraînement physique

      • Mécanisme : L’effort intense crée un besoin d’énergie soudain qui force la cellule à sortir de sa zone de confort. En réaction, le corps ordonne la fabrication de nouvelles mitochondries pour devenir plus résistant.

      • En pratique : Alternez 1 à 2 séances hebdomadaires à haute intensité (ex. sprints, vélo dynamique) avec du travail d’endurance fondamentale modérée (Zone 2 : marche rapide, course légère, natation).

    2. L’Apnée et le travail respiratoire

      • Mécanisme : La réduction temporaire de l’apport en oxygène envoie un signal d’adaptation fort à la cellule. Pour fonctionner avec moins de ressources, elle oblige ses mitochondries à devenir plus efficaces et accélère le recyclage des structures vieillissantes.

      • En pratique : Rétentions poumons vides guidées, exercices d’apnée douce ou 5 à 10 minutes par jour de respiration rythmée (toujours pratiquer au calme et en sécurité, jamais dans l’eau).

    3. Le Qi Gong, le Tai Chi et la Respiration lente

      • Mécanisme : Contrairement à l’exercice intense qui crée un stress métabolique direct, les arts internes apaisent le système nerveux. En abaissant les hormones de stress (comme le cortisol), ils protègent les mitochondries contre l’usure précoce et l’épuisement.

      • En pratique : Mouvements lents et respiration diaphragmatique régulière pour réduire l’agression quotidienne du stress chronique.

    4. Le Jeûne intermittent

      • Mécanisme : Privées temporairement de sucre, les cellules basculent sur le métabolisme des graisses. Ce changement de carburant déclenche un grand ménage automatique (mitophagie) : la cellule élimine ses composants fatigués pour laisser place à du matériel neuf.
      • En pratique : Respecter une fenêtre de repos digestif de 14 à 16 heures (ex. dîner léger vers 19h30 et repas suivant à 11h30/12h), 2 à 4 fois par semaine.

    Dāng Guī : usage et vertus

    Dāng Guī : usage et vertus

    Le « Ginseng de la femme »

    Dāng Guī, ou Radix angelicae sinensis, est une plante couramment utilisée dans la pharmacopée chinoise. Herbe très polyvalente, elle trouve sa force dans le traitement des problèmes de santé des femmes, et plus particulièrement dans les carences et les stases sanguines. Souvent appelé « Ginseng de la femme » pour sa contribution indispensable à la gynécologie de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), Dāng Guī se traduit littéralement par « état de retour ». Ce nom reflète sa capacité à restaurer un état de santé.

    Toutefois elle profite aux personnes des deux sexes grâce à ses diverses propriétés : réchauffante, nourrissante, humidifiante, et tonifiante. L’angélique chinoise est utilisée pour un large éventail de conditions, y compris les troubles musculosquelettiques, dermatologiques et digestifs.

    Plante herbacée des climats frais

    Dāng Guī est une grande plante herbacée, parfumée et vivace cultivée dans des climats frais et humides à haute altitude. On la trouve dans les provinces du Gansu, du Sichuan, du Shaanxi et du Hubei en Chine, ainsi que dans les régions montagneuses de Corée et du Japon.

    La plante mesure environ un mètre de haut. Elle possède des tiges violettes rainurées, de grandes feuilles vert vif et de larges grappes plates de petites fleurs blanches qui fleurissent en été. Ce sont les racines qui sont utilisées dans la pharmacopée chinoise. Celles-ci sont récoltées à l’automne quand la plante a trois ans de croissance.

    Les racines sont ensuite soigneusement nettoyées, séchées, fumées lentement et coupées en fines tranches. Les racines de la meilleure qualité semblent provenir de la province du Gansu, elles sont longues, humides et parfumées.

    Bien que la racine entière soit en général utilisée, différentes parties de celle-ci sont attribuées à différentes fonctions : la tête  (Dāng Guī tou),  le corps  : Dāng Guī shen, la queue : Dāng Guī wei.

    Dāng Guī est préparé de différentes façons selon l’effet que l’on veut en obtenir.

    Le Chao Dāng Guī (grillé à sec) est plus chaud, plus sec et moins revigorant pour le sang, ce qui le rend plus approprié pendant la grossesse.

    Le jiu zhi Dāng Guī (grillé au vin) et le cu zhi Dāng Guī (grillé au vinaigre) ont une action tonifiante sur le sang renforcée. Enfin le Dāng Guī carbonisé  (tan Dāng Guī) est plus chaud et arrête les saignements.

    L'angélique chinoise, trésor de la mtc

    Le Chao Dāng Guī (grillé à sec) est plus chaud, plus sec et moins revigorant pour le sang, ce qui le rend plus approprié pendant la grossesse.

    Le jiu zhi Dāng Guī (grillé au vin) et le cu zhi Dāng Guī (grillé au vinaigre) ont une action tonifiante sur le sang renforcée. Enfin le Dāng Guī carbonisé  (tan Dāng Guī) est plus chaud et arrête les saignements.

    Nourrit et tonifie le sang

    Dāng Guī est l’une des herbes chinoises les plus populaires. Pour nourrir le sang, elle est le principal médicament de la MTC. Sa nature douce (tonifiante), tonifie le sang ; sa nature âcre et amère draine et harmonise le sang ; sa nature chaude, nourrit le sang, dissipe le froid et pénètre dans les organes qui stockent, engendrent et contrôlent le sang (le foie, la rate et le cœur).

    Dāng Guī a une saveur forte, sucrée et terreuse avec un arrière-goût amer. Son arôme et son gout un peu piquant et chaud qui attaque un peu la langue rappelle son énergie revigorante.

    Ainsi, Dāng Guī est inclus dans les prescriptions en cas de carence sanguine qui se manifeste par des signes et des symptômes tels : pâleur du teint, étourdissements, fatigue, peau sèche, vision floue, palpitations, acouphènes.

    Il est recommandé dans tous les cas d’anémie.

    • Actions : revigorer le sang, tonifier le sang
    • Tropisme : coeur, foie, rate
    • Goût : Acide, amer, doux
    • Température : chaud

    Soigne les troubles menstruels

    ginseng de la femme

    Comme évoqué plus haut, le « ginseng des femmes » joue un rôle particulier dans la santé des femmes et notamment dans la régulation des troubles menstruels : syndrôme prémenstruel, aménorrhée, règles douloureuses ou irrégulières.

    Il est généralement indiqué pour la plupart des affections gynécologiques ayant leurs racines dans une carence sanguine, en particulier celles associées à une stase sanguine et/ou au froid.

    Dāng Guī est également souvent utilisé pour humidifier les intestins et soulager la constipation due à la sécheresse, qui est une conséquence courante d’une carence sanguine.

    Enfin, c’est un médicament précieux pour de nombreuses affections cutanées (plaies et aux abcès avec gonflement et plaies à cicatrisation lente).

    La légende de Dāng Guī

    la légende de dang gui, la plante du retour

    Selon une légende chinoise, il était une fois un jeune couple marié qui vivait heureux. Un jour, le mari a été forcé de quitter leur maison pour prouver sa force et son courage. Il doit parcourir les montagnes pour survivre aux dangers de l’environnement et ramasser des herbes médicinales. À son départ, il a demandé à sa femme d’attendre trois ans pour son retour. Il a déclaré que s’il ne revenait pas après ce temps-là, cela signifierait qu’il n’était plus en vie et qu’elle devrait trouver un nouvel amour.

    Trois ans se sont écoulés, et il n’est pas revenu, alors elle a trouvé un nouvel amour et s’est remariée. Peu de temps après, le mari est revenu. Sa femme eut le cœur brisé de s’être remariée. Son chagrin d’amour affaiblit son état, et elle tombat malade de tristesse, ne voulant plus vivre.

    Lorsqu’il apprit son état, l’homme lui apporta quelques-unes des herbes qu’il avait trouvées dans les montagnes pendant son absence. Elle les mangea, espérant qu’elles seraient toxiques, mais les herbes firent le contraire, Elle retrouva la santé. Cette herbe fut alors nommée Dang (qui signifie « état de ») Gui (« retour »).

    Cette histoire, illustre bien la puissance de la matière médicale de cette plante., que l’on retrouve donc dans de nombreuses préparations de pharmacopée chinoise.

    Le Tuina

    Le Tuina

    Une technique énergétique ancestrale

    Selon les anciens chinois, les animaux pratiquaient le massage longtemps avant les humains. Ils l’utilisaient pour le réconfort, le toilettage, et même la guérison. C’est donc tout naturellement que les humains, du fait de leur instinct animal, ont utilisé le massage sur eux-mêmes, leurs enfants ou partenaires. Nous connaissons tous le réflexe de frotter immédiatement une zone de notre propre corps après avoir reçu un coup.

    Ainsi, l’on estime que le massage chinois est la plus ancienne des branches de la médecine chinoise. Les techniques de massage ont évolué ; elles ont été raffinées et systématisées au cours des siècles. Tuī Ná est l’aboutissement de cette science, née de cet geste naturel instinctif.

    De vieux écrits datant de la dynastie Shang (1800 av notre ère.) décrivent des méthodes de massage pour traiter les nourrissons.

    Le texte ancien le plus célèbre sur la Médecine traditionnelle chinoise (MTC)‚ Huang Di Nei Jing (Le classique de la médecine interne de l’empereur jaune), achevé entre le premier siècle avant notre ère et le premier siècle de notre ère, comprend des passages sur l’utilisation de ces techniques de massage et sur leur utilisation dans le traitement de certaines maladies.

    Le massage chinois est répertorié comme une méthode de traitement majeure. Depuis les dynasties de Wei et Jin (220 – 420 apr. J.-C), les départements de massage Tuī Ná sont des spécialités officielles dans le système de santé du gouvernement chinois.

    Une branche de la MTC

    Tuī Ná, littéralement pousser (tui – 推) et saisir (na – 拿), est une discipline à part entière de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC). On parle parfois aussi de An Mo (按摩) qui désigne le massage en général et signifie « calmer par le toucher ».

    Le massage Tuī Ná obéit donc aux principes taoïstes qui sont à la base de cette médecine fondée sur l’équilibre énergétique.

    La pratique du Tuī Ná est donc une spécificité chinoise qui prend en compte les méridiens et les points d’acupuncture. Tuī Ná comprend ainsi une trentaine de techniques et manœuvres qui ont pour but, soit de disperser les blocages énergétiques, soit de stimuler ou tonifient le qi ou énergie vitale.

    Parmi ces techniques, on peut citer « mo fa » qui signifie frottement circulaire, « Ya fa » ou surpression, ou encore « ma fa » qui signifie essuyer (ou frotter). Il inclut aussi le massage de certains points d’acupuncture (acupression), ou des techniques d’étirement ou de mobilisation articulaire.

    Ce massage, en agissant sur les zones réflexes, a pour effet d’équilibrer et de stimuler à la fois le corps et l’esprit. Son objectif est de faire circuler et rééquilibrer les énergies, ce qui a aussi un impact sur l’équilibre émotionnel puisqu’en MTC tout est lié. En effet toute tension musculaire ou ligamentaire va engendrer un blocage énergétique, et affecte donc la libre circulation du qi, et donc la santé globale. Également, une forte charge émotionnelle peut engendrer à la longue des blocages énergétiques, voire des tensions musculaires. Ceci peut engendrer des douleurs.

    De nombreux bénéfices sur la santé

    Le massage Tuī Ná se pratique généralement sans huile, parfois sur les vêtements ou à travers une pièce de tissu en coton. Il favorise le bon fonctionnement des organes à travers notamment les points d’acupuncture, empêchant ainsi la maladie de s’installer. Il est également efficace pour réduire, voire supprimer les douleurs musculaires et articulaires.

    Selon des recherches modernes, le Tuī Ná est donc une thérapeutique qui permet de réguler le système circulatoire, le système respiratoire, le système endocrinien, le système immunitaire et le système nerveux. Il facilite également la digestion et améliore le métabolisme des muscles et de la peau.

    Il s’est ainsi avéré efficace, entre autres, pour :

    • Alléger les symptômes de la maladie de Parkinson
    • Diminuer la douleur liée à la fibromyalgie
    • Améliorer les vertiges liés à l’arthrose cervicale
    • Soulager les symptômes de la dysménorrhée primaire
    • Contribuer au traitement de la radiculopathie cervicale

     

    Les qualités du praticien en Tuī Ná

    Il est difficile d’expliquer en termes techniques ce qui fait la qualité d’un bon Tuī Ná, car cela se situe au niveau de l’énergie.

    C’est pour cela que le médecin praticien de Tuī Ná doit se former pendant plusieurs années en intégrant cette dimension énergétique.

    Selon la tradition de la Médecine chinoise, il va prendre d’abord soin de développer son énergie à travers des disciplines comme le qi gong, le tai chi, voire le kung fu. Ces pratiques vont lui permettre à la fois d’optimiser sa propre énergie vitale et d’affiner sa sensibilité pour percevoir et identifier les énergies qui l’entourent.

    Ainsi il passera du temps dans la nature, à appréhender le langage des plantes. Il pourra aussi apprendre à comprendre et à utiliser l’énergie de guérison des lieux sacrés. Avec le temps, il pourra ainsi ressentir les stagnations d’énergie, mais aussi de sang.

    En effet, un bon massage Tuī Ná dépend de l’énergie du praticien, de son ressenti, et de sa capacité à transmettre l’énergie. Cela suppose qu’il soit bien ancré au sol, les articulations souples et relaxées, afin de garantir une bonne circulation d’énergie. Il doit avoir une respiration abdominale et ample. En effet, s’il est tendu, il ne pourra pas fournir la même qualité d’énergie. C’est tout son corps qui est ainsi engagé dans le massage.

    C’est grâce à cela qu’un bon massage Tuī Ná est un véritable outil thérapeutique qui agit en profondeur. Même s’il s’avère souvent être douloureux, il n’en est pas moins salvateur.

    Réveillez le masseur Tuī Ná qui sommeille en vous

    Massage en couple

    Nous encourageons chacun à trouver le bonheur ultime. Puisque le massage est instinctif et naturel, pourquoi ne pas vous y mettre ? Nous vous proposons de commencer par travailler la relaxation profonde et la respiration. Pour ce faire, vous pouvez pratiquer le tai ji tchuan, le qi gong, ou tout autre pratique vous amenant à la pleine conscience.

    En parallèle, vous pouvez débuter le Tuī Ná avec vos proches. Pour cela, revêtez-vous d’habits amples, relâchez toutes vos tensions et commencez par une technique. Ne dépassez pas au début une dizaine de minutes. Puis débriefez avec votre partenaire afin qu’il verbalise son ressenti.

    Vous pouvez vous inspirer de cette simple video. N’hésitez pas à passer du temps dans la nature, ou avec votre animal préféré avant de pratiquer le Tuī Ná. La pratique de cet art fera évoluer votre ressenti et vous aidera à vous reconnecter avec vous-même. Ainsi votre santé en sera graduellement accrue.

    Ne pratiquez jamais le Tuī Ná dans les cas suivants:

    • Mauvaise humeur ou contrariété
    • Après une dispute
    • Dans un état de grande tristesse ou de colère
    • Juste après votre travail profane
    • En cas de maladie

    Cette liste est non-exhaustive. Vous l’aurez compris, le massage est un échange. C’est donc dans une belle disposition de cœur que vous offrirez le meilleur à votre entourage… et à vous-même.

    L’art martial et la vie

    L’art martial et la vie

    Une voie vers la pleine santé

    L’art martial est souvent associé uniquement au combat. Pourtant un véritable art martial est bien plus que cela. Il s’agit d’un art qui sollicite l’ensemble de la personne : son corps et son esprit. La pratique d’un art martial est un véritable outil de développement personnel. Son but ultime est la plénitude de l’être et la sérénité.

    Le pratiquant en art martial cherche à développer une force qui lui permette de faire face à différent types d’épreuves vécues comme des agressions. Quelle est cette force ? Vient-elle d’une musculature abondante et de techniques de combat éprouvées ? De nombreux sport de combat font faussement croire à leurs étudiants qu’ils pratiquent le self-défense contre des agresseurs extérieurs. Or le but ultime du self-défense est d’apprendre à faire face à nos propres combats intérieurs et à tenir notre ego à distance. C’est là que le pratiquant en art martial trouvera cette force.

    Notre expérience de la pratique, ainsi que de nombreuse rencontres avec des enseignants et maîtres en art martial nous ont confirmé que le but de l’art martial est de construire l’individu pour en faire un Guerrier.

    Le guerrier se différencie du commun des mortels par le sens qu’il donne à sa vie. Le guerrier est dans une quête permanente de connexion avec les forces de l’univers. Il cherche à vivre en harmonie avec lui-même et avec son environnement. Ce qui est un stress pour tout un chacun est un défi pour le guerrier : « Comment résoudre cette épreuve avec sagesse ? » En effet, La voie du guerrier nous demande vivre en harmonie avec notre force intérieure et la conscience universelle.

    Pourquoi devenir un guerrier ?

     

    La vie de tous les jours ressemble de plus en plus à un combat, dont les attaques sont souvent sournoises (la frustration, la maladie, la mort d’un proche, la peur de perdre…).

    Grâce à l’art martial, l’individu se reprogramme d’une manière méthodique. Cela lui permet progressivement de mieux faire face aux situations précitées.

    En matérialisant des contextes conflictuels d’agressions physiques, le pratiquant expérimente des techniques de défense, tout en apprenant à mieux se connaitre.

    Ainsi, chaque difficulté rencontrée dans sa pratique (effort, épreuve, remarque) le prépare à cette confrontation avec la vie. L’apprenti guerrier apprend à observer et à ressentir. Ainsi il développe graduellement sa conscience de lui-même et de son environnement.

    Il apprend à travers le combat physique à contrôler ses réactions instinctives. Ainsi il adapte au plus juste sa réaction à une situation donnée.

    C’est ce qui va lui permettre avec le temps de faire face aux agressions émotionnelles citées plus haut sans être débordé.  

    L’art martial apporte ainsi détente mentale et aptitude à soutenir la confrontation et à élaborer des stratégies efficaces.

    Ce résultat requiert l’assiduité et l’humilité du pratiquant.   Parmi ses nombreuses richesses, l’art martial possède donc la faculté d’apprendre à subir des attaques sans en être exagérément affecté.

    Cela est particulièrement précieux de nos jours, où la peur est distillée à longueur de journée dans les médias.

    Il existe bien-sûr différents moyens de faire face aux difficultés de la vie. Mais d’expérience, la pratique rigoureuse d’un art martial est particulièrement efficace. Elle est d’autant plus intéressante pour les femmes, qui du fait de leur héritage socioculturel, se trouvent ou se placent davantage en situation de victime. La confiance en soi engendrée par la pratique d’un art martial leur permet de sortir de ce statut d’éternelle victime.

    Les vertus

    Le pratiquant d’art martial s’initie à une culture. Il pratique un art, développe des vertus qui s’intégreront tout au long de son évolution.   Le débutant, dès la première seconde, poursuit une voie, même s’il n’en est pas encore conscient. C’est la voie de l’harmonie. Ainsi il cultive une esthétique corporelle dans chacun de ses mouvements. Ce faisant, il développe des qualités physiques et mentales au travers des situations plus ou moins délicates dans lesquelles on le place. Car l’harmonie est la clé d’une vie saine et épanouie.

    Par ailleurs, l’art martial enseigne l’entraide et la solidarité. Dans les entraînements, l’adversaire est avant tout un partenaire. Et chacun des partenaires cherche tout autant à faire progresser son partenaire qu’à progresser lui-même dans les vertus précitées. Ainsi l’art martial enseigne l’altruisme et le respect de l’Autre.   Dans la vie quotidienne, l’agression est rarement physique.

    De ce fait, l’individu a perdu de vue un élément essentiel, la vigilance. La pratique d’un art martial, en matérialisant physiquement une agression, oblige le pratiquant à cultiver cette vigilance. En effet, le moindre manque de vigilance se paie durement. Cette vigilance se développe graduellement pour devenir une extra- conscience, qui perdurera en dehors du dojo.

    Bushido : la Voie du Guerrier

    Le Bushido (littéralement la Voie du Guerrier) est le code d’honneur des samouraïs. Il résume les vertus à développer à travers la pratique d’un art martial, et à intégrer dans sa vie.

    Voici les 7 vertus essentielles selon le Bushido :

    • Loyauté,
    • Courage (l’art de comprendre ce qui es juste),
    • Honneur (respecter une éthique dans nos actions),
    • Bienveillance (elle induit la solidarité),
    • Rigueur (le sens du devoir),
    • Respect (marque de notre grandeur d’âme),
    • Honnêteté et sincérité (être juste, parler juste).

    Ces vertus sont des objectifs à développer à travers la pratique de l’art martial et à intégrer dans la vie quotidienne. Avec le temps elles font partie intégrante de l’individu et leur application dans la vie courante est automatique.

    Les émotions

    Les émotions

    Un rôle majeur dans notre santé

    L’être humain est un être fondamentalement émotionnel. Notre   environnement, nos relations, les difficultés que nous traversons conditionnent notre humeur. Nos émotions, si elles nous débordent, peuvent nous mener la vie dure. Ce qui est moins connu, c’est qu’elles ont un impact direct sur notre santé.

    La médecine chinoise a depuis toujours inclus les émotions dans son diagnostic et sa thérapeutique. Car notre santé dépend aussi de notre équilibre émotionnel. Donc tout déséquilibre émotionnel chronique est un facteur de maladie. Aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de troubles générés par des désordres émotionnels.

    Nous sommes des êtres sensibles. A travers nos cinq sens, nous sommes connectés à notre environnement et interagissons perpétuellement avec lui. Nous sommes affectés par ce que nous voyons, écoutons, sentons ou touchons … Les parfums, les images, les sons sont tous des vecteurs d’information. Ces informations vont générer des sentiments, des émotions. Entendre une alarme de voiture nous casser les oreilles déclenchera de l’irritation, alors qu’un chant d’oiseau mélodieux nous réjouira.

    Un bain perpétuel d’émotions

    La façon dont nous réagirons à ces facteurs extérieurs dépend de nos propres filtres, eux-mêmes liés à notre personnalité et à notre histoire. Par exemple, une chanson d’amour stimulera la joie chez celui qui aura dansé dessus avec une personne aimée. Mais elle pourra réveiller la tristesse chez un autre qui écoutait cette chanson le jour où une personne aimée l’a quitté.

    Par ailleurs, nous vivons en société et sommes aussi touchés, que nous le sentions ou pas, par les émotions de notre entourage. Réalisons à quel point le rire est contagieux ! C’est vrai pour la joie, mais c’est aussi vrai pour la peur, la tristesse et bien sûr la colère.

    La médecine chinoise identifie deux causes principales de maladie : externe et interne. La cause externe comprend les relations sociales, la météorologie ainsi que l’influence des agents pathogènes, tandis que la cause interne est attribuée aux émotions.

    happy friends

    Les déséquilibres émotionnels

    En MTC, chaque émotion est liée à un organe. Donc une émotion vécue avec excès ou trop longtemps peut générer un déséquilibre dans le fonctionnement de l’organe associé, et réciproquement. Un organe affaibli va générer un déséquilibre émotionnel.

    Les pathologies engendrées par un déséquilibre émotionnel vont donc dépendre de l’émotion concernée.

    Bien sûr, il est naturel, et même salutaire, de ressentir et d’exprimer toute la gamme des émotions. Une émotion ne devient source de déséquilibre que si elle est :

    • vécue sur une période prolongée,
    • ou avec une intensité particulière,
    • réprimée.

    La MTC recense 5 émotions principales associées chacune à un élément, et à un organe. Les voici décrites brièvement ci-dessous (vous pouvez les explorer plus en détail en cliquant sur le lien).

    La colère

    La colère est liée à l’élément bois, et au foie. C’est une énergie montante, puissante et explosive.

    De par cette nature, la colère provoque une montée d’énergie (qi), ce qui se manifeste par un visage rouge. IL est a noter que beaucoup de personnes n’admettent pas qu’ils sont en colère. Cependant leur entourage sentira cette colère qui émane d’eux. Les psychopathes comme autre exemple son très fort pour projeter leur colère sur leur victime et les faire éclater. La médecine chinoise appelle cette montée d’énergie « feu du foie ». Cela génère souvent des maux de tête.

    La joie

    La joie est liée à l’élément feu, et au cœur. C’est une énergie qui rayonne, comme le soleil.
    La joie ne cause pas de troubles en revanche, une surstimulation ou une surexcitation sont signe d’un disfonctionnement du cœur. Ainsi Une personne qui a besoin qui ne recherche que les plaisirs dans sa vie (Faire la fête, manger en excès) peut développer des déséquilibres cardiaques avec des palpitations, de l’anxiété et de l’insomnie car le cœur est le siège de l’esprit (Shen). Cela pourra se manifester par des rires excessifs ou inappropriés.

    L’anxiété

    L’anxiété ou inquiétude est associée à l’élément terre, et à la rate. La rumination mentale, l’excès de soucis ou de pensées sont signes d’un déséquilibre de l’élément terre.
    Il peut en résulter des troubles digestifs, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration ou de mémorisation, des troubles des cycles menstruels, voire une fatigue chronique. C’est l’un des déséquilibres émotionnels les plus fréquents, particulièrement à notre époque où l’intellect est sollicité en excès.

     

    La tristesse

    La tristesse est associée à l’élément métal, et aux poumons. Elle affectera donc en priorité les poumons, provoquant de la fatigue, un essoufflement, des pleurs ou une dépression.

     

    La peur

    La peur est associée à l’élément eau, et aux reins. La peur chronique, qu’on peut assimiler à de l’anxiété, peut à terme épuiser les reins. Cela engendre de la fatigue, et des maux de dos, deux manifestations très courantes. Aujourd’hui, les médias véhiculent en masse de la peur. Il en résulte que de nombreuses personnes vivent en insécurité par rapport à leur avenir professionnel ou financier.

    Une peur extrême peut provoquer des urines incontrôlées. Chez les enfants, cela peut également se manifester par l’énurésie nocturne, qui est liée à l’insécurité et à l’anxiété.

     

    Traitement

    La médecine chinoise traitera ces déséquilibres en utilisant une ou plusieurs de ses techniques : acupuncture, plantes médicinales… Cela aura un impact bénéfique sur l’état émotionnel du patient.

    Mais si celui-ci vit une situation qui entretient en lui l’émotion en déséquilibre, il aura des difficultés à guérir durablement. Il devra alors mettre en oeuvre des solutions pour réduire les facteurs déclenchants et aussi apprendre à gérer ses émotions.

    Nous reviendrons de façon détaillée sur les solutions pour un meilleur équilibre émotionnel dans un prochain article.

    Le choc émotionnel

    choc émotionnel

    Le choc émotionnel résulte d’un événement traumatisant qui submerge la personne touchée. Elle est directement affectée sur le plan émotionnel. Ce traumatisme peut engendrer des séquelles importantes à plus ou moins long terme. Il favorise souvent le lent glissement vers la dépression.

    Un choc émotionnel sera lié à un évènement : deuil, accident, problème familial, déception amoureuse… Il se traduira de différentes façons : soit une sidération psychique, soit une agitation désordonnée. L’individu, sous le choc, peut aussi être sujet à une dissociation psychique. Il fonctionnera alors en mode robot sans aucune réflexion.

    De plus, si le choc émotionnel peut être oublié en quelques heures ou quelques jours, il peut être réactivé plusieurs mois après, suite à un nouvel événement déclenchant. On parle alors d’un syndrome de stress post-traumatique.

    Ce choc, selon l’émotion générée, va affecter profondément l’organe qui y est relié.
    En cas de grande peur, les reins seront touchés. Or les reins sont l’un des organes les plus importants car ils sont à la base de notre énergie vitale. En cas de tristesse, ce seront les poumons qui seront touchés d’abord. Tous les organes étant reliés entre eux, il s’ensuivra un déséquilibre d’autres organes, et donc l’apparition possible de pathologies.

    Ce seront par exemple des douleurs lombaires, voire des hernies discales ou des sciatiques. Pour d’autres, le système respiratoire sera touché. Certaines personnes se sentiront étouffées dans certaines situations. Les personnes introverties peuvent connaitre des dysfonctionnements du système digestif.