La joie

La joie

La joie est associée à l’élément feu en MTC

La joie est l’émotion reliée à l’élément feu, et à l’organe Cœur en médecine traditionnelle chinoise (MTC). Contrairement aux quatre autres émotions répertoriées par la médecine chinoise (peur, colère, tristesse, soucis), la joie est une émotion que l’on a plaisir à ressentir. Elle est perçue comme positive, et elle l’est ! En effet, ressentir de la joie et l’exprimer est naturel, c’est signe d’une bonne santé du Cœur.

Or en MTC, le Cœur occupe une place prépondérante dans l’équilibre général puisqu’il est considéré comme « l’empereur des organes ». Le Cœur est donc garant de la bonne santé globale de l’individu.

La joie n’est considérée comme pathologique que lorsqu’elle est excessive c’est-à-dire lorsque la personne est en état d’exaltation, de frénésie, qu’elle est agitée, euphorique ou rit tout le temps très fort. Mais ce n’est pas la cause majeure de déséquilibre du Cœur.

Le coeur sensible aux excès émotionnels

Le cœur est globalement un organe sensible aux excès émotionnels.

La tristesse, bien qu’associée au Poumon dans la théorie des Cinq Eléments, affecte considérablement le Qì du Cœur. Le Poumon et le Cœur sont étroitement liés dans la mesure où l’un gouverne le Qi et l’autre le Sang, et où tous deux sont interdépendants. La tristesse engendrera un vide de Qi du Poumon qui, à son tour, engendrera un vide de Qí du Cœur.

De même la colère, qui inclut en MTC la frustration, le ressentiment, voire la dépression, va affecter d’abord le Foie, et indirectement le Cœur. En effet, la colère entraîne une montée du Yang du Foie (Feu du Foie) qui peut se transformer en Feu du Cœur.

Fonctions du cœur en MTC

Le Cœur a une action de pompage du sang. Si le Qi du cœur est abondant, le cœur fonctionnera à un rythme normal, assurant correctement le transport du sang dans les vaisseaux sanguins. Le pouls sera régulier et fort, le teint rose et lumineux.

Il a pour fonction de gouverner le sang et les vaisseaux.

Mais une des fonctions essentielles du coeur est d’abriter le Shen. Le Shen représente l’esprit qui donne à un individu son identité, et plus globalement il représente la vitalité globale de cet individu. Il gouverne l’équilibre énergétique de l’ensemble des organes. Le Cœur abrite aussi l’activité mentale, la mémoire, la conscience, les pensées et le sommeil.

Il contrôle la transpiration. Les personnes qui transpirent anormalement ont donc souvent un déséquilibre énergétique de cet organe.

Le Cœur s’ouvre à la langue. En MTC, la langue et le Cœur sont connectés. Une personne qui connaît un feu du cœur sera particulièrement volubile. A l’inverse, le bégaiement, la difficulté ou la faiblesse de l’élocution, ou encore l’aphasie sont des résultantes d’une déficience du cœur.

Tableaux pathologiques du cœur

Si le Qi du cœur est déficient, le transport du sang sera entravé. Le pouls sera alors faible, la personne sera pâle, sa langue sera pâle et blanche. Elle pourra ressentir des palpitations, de la fatigue, un essoufflement à l’effort.

Quand il y a excès d’énergie yang dans le Cœur, on parle de « Feu du Cœur ». L’esprit est agité, l’individu souffre d’insomnies, son pouls est rapide, sa langue rouge. La circulation du Qi est ralentie, et le Cœur est affecté. Cela se traduira par à un visage rouge, de fortes transpirations, de l’hypertension.

La joie permet une bonne circulation du Qi et du Sang, détend l’esprit, favorisant ainsi la paix intérieure nécessaire à l’activité du Shen.

La notion de Shen en MTC

sérénité

Le Shén, notion fondamentale en MTC, est en relation avec le cœur. Il est la force vitale qui anime le corps et l’esprit. De l’équilibre du cœur dépend la qualité du shén. Et si le shén est fort le corps est fort.

Tous les désordres émotionnels affectent le cœur et donc le shén. Il est difficile pour beaucoup de nos patients en ces temps troublés de trouver la joie. Il n’est donc pas rare que nous ayons à traiter des déséquilibres du cœur.

Le cœur étant un organe particulièrement sensible au stress et aux excès émotionnels, cultiver un « bon cœur » passe donc par cultiver un esprit calme et serein. C’est pourquoi nous proposons, en plus de l’acupuncture et de la pharmacopée, des enseignements de pratiques comme la méditation, le qi gong, le tai chi.

L’expérience et notre pratique de maintenant quinze ans en MTC nous a permis de vérifier l’impact positif de ces pratiques sur notre shén.

Et comme le cœur nous relie aux autres, pratiquer l’altruisme et la bienveillance sont hautement recommandés !

La peur

La peur

Elle est associée à l’élément eau en MTC

La peur fait partie de la palette des émotions humaines. Elle se manifeste lorsque la situation nous échappe, lorsque nous n’avons, ou pensons n’avoir, plus aucun contrôle. Sur le plan physiologique, elle correspond à une forte libération d’adrénaline, ayant pour conséquence une augmentation de la tension artérielle et du pouls.

En d’autres termes, la peur est une conséquence de l’analyse du danger qui permet au sujet de le fuir ou de le combattre. Par extension, le terme peut aussi désigner l’appréhension liée à des situations déplaisantes.

Il existe deux types de peur : la peur externe et la peur interne.

  • La peur externe est une réaction à une situation extérieure que l’individu cherche à éviter.
  • La peur interne est une peur intérieure connectée à une émotion souvent négative (ex. : sous-estimation de soi).

La peur prend différentes formes selon la façon dont un individu la ressent et la décrit. Cela peut aller de la prudence jusqu’à une extrême la paranoïa. La peur inclut donc différents états émotionnels et cognitifs incluant l’inquiétude, l’anxiété, la terreur, l’horreur, la panique et la crainte.

La médecine chinoise et la peur

Les reins

En MTC, la peur ou l’anxiété est directement liée aux reins. Cet état, s’il est prolongé ou persistant peut gravement nuire à la vie quotidienne.

Les lombes sont le palais des Reins. Donc le vide de Rein constitue la racine de toutes les lombalgies. La plupart du temps, tous les déséquilibres énergétiques du Rein se manifestent, entre autres, par des douleurs des lombes et des genoux.

En médecine chinoise, on parle du Rein pour parler de l’organe constitué d’un rein yin et d’un rein yang, mais aussi de l’ensemble des fonctions de cette paire d’organe. Le Rein gouverne la naissance, la croissance, le développement, les processus de vieillissement et la reproduction. C’est sur lui que reposent les fonctions sexuelles et la fertilité.

On lui doit l’endurance, la volonté, l’énergie dont nous disposons. Le Rein assume la gestion énergétique du corps et l’équilibre entre le Yin et le Yang. 

Les Reins contrôlent également les sphincters vésical et anal. La peur va entraîner le qi vers le bas, engendrant une affection des reins. Par conséquent une peur intense peut provoquer une incontinence urinaire ou anale.

Le vide du Rein (ou vide d’énergie du rein)

Le vide de rein d’une personne peut se manifester par les symptômes suivants : une volonté défaillante, des problèmes dentaires, une chute des cheveux, une fragilité osseuse, de la rétention d’eau ou des œdèmes, des problèmes urinaires (fuites, incontinence…) une diminution de l’audition…

Il peut être causé par des efforts physiques répétés, le surmenage, la vieillesse, des excès sexuels chez l’homme, des grossesses rapprochées.

La plénitude du Rein (ou excès d’énergie du rein)

En cas d’excès de l’énergie du Rein, on remarquera chez une personne une grande témérité, une excitation sexuelle exacerbée, des sueurs nocturnes, de la chaleur dans la plante des pieds et la paume des mains, des insomnies.

Comment avoir des reins forts

femme qui dort
  1. Dormir.
    Les reins comme des batteries se rechargent entre 22h00 et 4h00 du matin. Un manque de sommeil dans ces heures-là se traduit immanquablement par un affaiblissement du rein.
  2. Se nourrir correctement.
    Certains aliments renforcent les reins tels que le soja, le canard, les haricots secs, les lentilles, les fruits à coques et les fruits secs, les huîtres, les crevettes de mer, les légumes ou racines (carotte, pomme de terre, navets, etc.), les pommes, les poires.
  3. S’hydrater.
    Boire régulièrement des liquides tel que l’eau ou les jus de fruits non sucrés et en quantité raisonnable. L’ensemble des boissons n’excédant pas 1.5 litre en moyenne par jour.
  4. Bouger.
    On peut ici distinguer deux sortes d’activités. : les activités intenses engendrant un rythme cardiaque élevé, et les activités plus méditatives telles que le tai qi ou le qi gong. Ces dernières sont hautement indiquées car elle permettent au qi de circuler librement, protégeant ainsi le corps d’attaques extérieures.
  5. Eviter les médicaments chimiques.
    Voir article sur les médicaments néfastes pour les reins.

Le diabète selon la MTC

Le diabète selon la MTC

Les solutions de la Médecine chinoise

 

Le diabète connait dans le monde entier une croissance alarmante. Un rapport de l’OMS dénombre 422 millions d’adultes diabétiques dans le monde en 2014 contre 108 millions en 1980. Le Cambodge n’y fait pas exception, avec 230,000 cas recensés en 2015. Dans certaines régions le taux de diabétiques atteint jusqu’à 10 %.

Comment expliquer un tel phénomène ? Les facteurs de risque sont liés essentiellement à une mauvaise hygiène de vie : sédentarité, manque d’activité physique, excès d’aliments raffinés, surconsommation de sucre en particulier, d’alcool, sans compter des facteurs émotionnels liés à un mode de vie trop stressant.

10 cuillères de sucre dans un soda

Femme devant gâteaux

Au Cambodge, la consommation de sucre a pris des proportions alarmantes : multiplication des sodas bourrés de sucre, usage omniprésent de sucre blanc dans la cuisine, de lait condensé sucré dans les cafés et boissons diverses. 

Boire une canette de soda revient à manger 10 cuillères à café de sucre !

Il est cependant réjouissant de voir que de plus en plus de Khmers prennent conscience des dégats causés par le sucre.

En effet, le corps est fait pour assimiler les sucres présents naturellement dans les aliments et n’a pas besoin de sucre supplémentaire. Donc tout autre apport de sucre va générer des déséquilibres dans le fonctionnement global de notre corps.

Le diabète n’est pas une fatalité

Mais le diabète n’est pas une fatalité ! Si certains présentent une prédisposition liée à un terrain génétique, la plupart des diabétiques de type II peuvent faire reculer leur maladie, voire la guérir, en revoyant leur hygiène de vie, leur diète, en pratiquant un sport, et en respectant les rythmes travail – repos. Et les diabétiques de type I peuvent aussi améliorer leur condition.

Une étude clinique menée par l’Université de Newcastle et publiée dans Cell Metabolism a démontré qu’une perte de poids importante chez des patients diabétiques de type II dès le diagnostic permettait de restaurer la production d’insuline générant ainsi la guérison.

Une observation plus fine leur a montré que cette perte de poids engendre une reprogrammation des cellules pancréatiques qui retrouvent ainsi leur fonctionnement normal. Ils ont donc prouvé que l’on pouvait guérir du diabète, contrairement aux idées reçues.

Xiāo Kè ou le syndrome de la soif inutile

Le diabète est connu et traité depuis plus de 2000 ans par la Médecine traditionnelle chinoise (MTC). En chinois, le diabète, Xiāo Kè ou « syndrome de la soif inutile » est identifié comme une dysharmonie globale; elle-même liée à une carence en yin.

Pour éviter Xiāo Kè il faut notamment s’abstenir de :

  • boire de l’alcool
  • manger du sucre, ou des aliments ou boissons avec sucre ajouté
  • manger des aliments trop gras (fritures)

Et surtout il faut bouger ! La pratique d’exercice physique régulier et intensif est primordiale pour éviter le diabète.

Acupuncture et pharmacopée

La MTC ne mesure pas le taux de glucose dans le sang. Elle applique un traitement personnalisé pour chaque patient après un  diagnostic complet. Tout d’abord la palpation du pouls chinois, l’interrogatoire, l’observation et la palpation du corps…

Le patient est traité par l’acupuncture, et la pharmacopée chinoise. Ce traitement permet progressivement de rétablir l’équilibre énergétique dans le corps, permettant aux organes de retrouver leur fonctionnement naturel, et donc sain.

Plus le patient accepte de revoir son régime alimentaire et son mode de vie, plus il a de chances de guérir.

Le médecin chinois pourra notamment lui recommander la pratique du qi gongdont le bénéfice sur la santé n’est plus à prouver.

Pouls chinois

Le diabète n’est donc pas irrémédiable. Mais mieux vaut encore suivre le précepte de ce grand médecin chinois du 13ème siècle, Zhu Zhenheng : « Entretenir la santé vaut mieux que de traiter la maladie. »

L’action du qi gong sur le diabète

Le Qi gong est pratiqué depuis plus de 2000 ans en Chine, notamment pour ses effets thérapeutiques. Cette discipline – pratiquée régulièrement – a un effet bénéfique et régulateur sur l’ensemble du métabolisme. Les personnes atteintes de diabète ont donc tout intérêt à le pratiquer.

Dans un article paru en 1984, le docteur Zhan Ke Fu, raconte sa propre expérience. Diabétique, ayant recours à l’insuline, il décide de se mettre à la pratique du Tai Ji Qi gong. Après 15 jours de pratique assidue, il arrête l’insuline. Trois mois plus tard, sa glycémie et sa glycosurie sont revenus à la normale.

Cinq autres patients participent à une étude expérimentale, pratiquant le Tiao Xi Bu Gong, un autre style de qi gong, tous les jours pendant trois heures. Après trois mois, les résultats sont tels que les cinq peuvent arrêter tous leurs médicaments hypoglycémiants ou leur insuline. Lors d’un contrôle six mois plus tard, la glycémie de ces patients est restée normale.

Cours de Qi gong à Essence of health