L’énergie du Poumon au service de cheveux sains
La beauté des cheveux est le reflet direct de notre santé et de l’énergie globale de nos organes. Une chevelure dense, brillante et vigoureuse est le signe d’une vitalité florissante et d’une bonne circulation des fluides vitaux. À l’inverse, des cheveux ternes, cassants ou sujets à la chute révèlent un déséquilibre sous-jacent. Comprendre ce lien entre santé et beauté capillaire permet d’adopter des gestes simples pour nourrir sa chevelure à la source.
Le Poumon, vecteur d’une belle chevelure
Une belle chevelure commence par un Poumon fort. En médecine chinoise, le Poumon (Fèi) envoie l’énergie, le Qì, jusqu’à la peau et les poils. Si le Qì du Poumon faiblit, le teint devient plus terne, les cheveux perdent de leur éclat et tombent. Selon la MTC, le Poumon est associé à l’élément Métal et à la saison de l’Automne, où les arbres perdent aussi leurs feuilles.« Le Poumon s’associe à la peau ; sa splendeur réside dans les poils » dit le Sù Wèn.
Il diffuse également l’énergie défensive, le Wèi Qì, à travers les pores de la peau. Cette énergie protège la surface du corps, cheveux compris : « le Poumon accueille les cent vaisseaux, et distribue l’essence vers la peau et les poils ».
Le Poumon reçoit ainsi le Qì de tout le corps avant de le redistribuer vers la surface. Ce mouvement relie directement le Poumon au Sang, l’autre nourriture essentielle du cheveu.
Le Sang, sève des cheveux
La Médecine chinoise résume ce lien ainsi : « Le cheveu est le surplus du Sang ». Le Xuè, le Sang au sens chinois, nourrit et humidifie le corps entier. Il remonte vers la tête pour irriguer chaque follicule. Un Sang abondant se traduit par une chevelure dense et brillante.
L’automne ajoute une pression particulière sur ce Sang. Cette saison porte en elle un excès de sécheresse, le Zào, considéré comme son influence climatique dominante en médecine chinoise. Cette sécheresse use les liquides du corps ainsi que le Yīn et le Sang. Les racines capillaires, nourries par ce même Sang, s’en trouvent fragilisées.
Le Foie (Gān) joue ici un rôle de gardien. Il stocke le Sang durant le repos et le libère selon les besoins du corps. Le Rein (Shèn) conserve quant à lui le Jīng, l’essence originelle. La tradition chinoise associe cette essence à la vigueur des racines capillaires. Un Jīng abondant favorise une repousse régulière. L’automne précède la saison du Rein, l’hiver. Ainsi, prendre soin du Jīng en automne prépare l’organisme à l’hiver.

Enfin, un vide de Sang peut fragiliser la fibre capillaire. Elle devient plus fine, plus terne, parfois cassante. C’est ici que la pharmacopée prend toute son importance. En effet, la pharmacopée chinoise (Zhōng Yào) propose depuis des siècles des plantes pour nourrir le sang et le Jīng. L’une d’elles porte une histoire particulièrement riche (voir encadré).
Prendre soin de ses cheveux
Au-delà des plantes, un geste quotidien peut soutenir la chevelure. Il se pratique, dès le réveil, avec un simple peigne. En effet, la tête concentre un réseau dense de méridiens Yáng. On y recense près de cinquante points d’acupuncture (Zhēn Jiǔ). Le peignage quotidien agit comme une stimulation douce de ce réseau. Un dicton chinois résume cette pratique ancienne : « Peigner cent fois chaque jour chasse cent maux ». Cette habitude accompagne les foyers chinois depuis des générations.
Ce geste relève de l’auto-massage, dans l’esprit du Tuī Ná. Il se pratique du front vers la nuque, en lignes régulières. La pression reste modérée, jamais forcée. Les mouvements restent lents et enveloppants. Une légère chaleur du cuir chevelu signale une bonne circulation locale. Le matin convient particulièrement à ce rituel. Un peigne en bois ou en corne limite l’électricité statique.
La diététique chinoise offre elle aussi des réponses simples à l’automne, nourrissant le corps de l’intérieur.
La bouillie noire, douceur d’automne
La diététique thérapeutique (Shí Liáo) attribue à la couleur noire une résonance particulière avec le Rein. Ainsi, les graines de sésame noir, ou encore les haricots noirs s’inscrivent dans cette logique. Elles se retrouvent depuis longtemps dans les bouillies familiales d’automne. Cette recette s’adresse à toute la famille.
Ingrédients pour deux bols : trois cuillères à soupe de graines de sésame noir. Deux cuillères à soupe de haricots noirs, trempés la veille. Une cuillère à soupe de baies de gǒu qǐ (goji). Un litre d’eau. Une touche de sucre de canne, facultative.
Préparation : faites tremper les haricots noirs une nuit entière, puis rincez-les. Faites-les cuire trente minutes dans l’eau frémissante. Ajoutez le sésame noir légèrement torréfié à sec. Poursuivez la cuisson quinze minutes, à couvert. Incorporez les baies de goji en toute fin de cuisson. Laissez reposer quelques minutes avant de servir tiède.
Cette bouillie se déguste idéalement le matin, deux à trois fois par semaine durant l’automne.
Les cheveux, comme les arbres à l’automne, traversent leurs propres saisons. Leur perte d’éclat ou leur chute passagère nous invite simplement à écouter les besoins profonds de notre corps. Ainsi, la médecine chinoise, par les rituels qu’elle propose, nous permet d’offrir à notre organisme le terrain idéal pour se régénérer et passer l’automne en douceur.
Hé Shǒu Wū : entre légende et réalité

Le Běn Cǎo Gāng Mù, somme botanique rédigée par Lǐ Shízhēn, consacre un long passage au Hé Shǒu Wū. La légende raconte l’histoire d’un homme affaibli. En consommant la racine d’une liane sauvage pendant des années, ses cheveux blancs seraient redevenus noirs avec le temps. Son nom est ainsi resté attaché à la plante pour toujours.
Le Hé Shǒu Wū pousse en liane vigoureuse. Sa tige prend une teinte pourpre caractéristique. Ses feuilles opposées rappellent celles de l’igname sauvage. De petites fleurs jaune pâle apparaissent en fin d’été. La plante affectionne le sud de la Chine, et les sols meubles et ombragés. Sa racine tubéreuse, récoltée après plusieurs années de croissance, concentre l’essentiel de ses propriétés.
Lǐ Shízhēn décrit une saveur amère et astringente. Il lui attribue une nature légèrement tiède. Le texte évoque une action sur le teint et sur la couleur des cheveux et de la barbe. Cette plante est couramment utilisée dans la pharmacopée chinoise.
Le Hé Shǒu Wū est généralement intégré à une prescription, avec d’autres plantes, sous l’expertise d’un pharmacien chinois. Elle est connue notamment pour favoriser la longévité, et soutenir le Foie et le Rein.







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