Vivre wu wei

Vivre wu wei

Les secrets de l’action sans effort

Le concept de Wu Wei ( 无为), comme déjà évoqué dans notre précédent article, se traduit par « non-agir » ou encore par « action sans effort ». Ancré dans le taoïsme, wu wei est un véritable art de vivre. En comprendre la valeur, et ainsi désirer l’appliquer dans sa vie suppose de graduellement procéder à des mutations dans notre façon de vivre et de voir la vie. Nous allons explorer ici plus en détail comment accéder à cette magie de wu wei.

Remettre en question notre façon de vivre

Pourquoi devrais-je me remettre en question ? Alors même que tout va bien dans ma vie… J’ai un super travail, je gagne beaucoup d’argent, mes enfants sont dans les meilleures écoles privées… Et pourtant !

Je suis d’accord, en ce moment je suis très fatigué ; Je me réveille plusieurs fois la nuit pour faire pipi ; Le matin au réveil, je ressens des tensions douloureuses et je ne suis pas reposé etc. Ces quelques désagréments sont des alertes que le corps m’envoie pour me signaler que je commence à dépasser mes limites, ou qu’il existe des déséquilibres cachés dans ma vie. Si je n’y prête pas attention, cela peut me conduire à des problèmes ou pathologies bien plus graves. Il est temps d’agir !

Vivre avec Wu Wei est une démarche volontaire dans laquelle nous organisons notre vie afin de laisser place à l’expression notre propre nature, en harmonie avec la nature environnante. Ainsi, Wu Wei nous demande de découvrir qui nous sommes vraiment, avant même que le corps nous alerte.

Vivre wu wei suppose donc de nous mettre à l’écoute de nous-mêmes, d’entendre nos besoins, nos regrets, nos frustrations, et aussi ce qui nous fait vibrer. Nous apprenons ainsi à décoder ce qui nous met en colère, ce qui nous rend triste ou anxieux.

A l’inverse, nous décryptons les choses subtiles qui contribuent à notre plénitude et à notre joie, celles qui nous rendent simplement plus vivants. Cette découverte fait partie intégrante de la vie et s’apparente à un parcours de sagesse.

L'angélique chinoise, trésor de la mtc

Se rapprocher de la Nature

Dans ce parcours, se rapprocher de la Nature est la démarche la plus naturelle à adopter. D’elle découlera la suite de notre évolution. Nous l’avons vu, wu Wei consiste à se laisser porter par les flux de la nature, en nous adaptant aux situations, à l’image de l’eau qui pénètre les roches les plus dures, tranquillement.

Attention, il ne s’agit pas d’un abandon total mais de renoncer à forcer les choses.

Se rapprocher de la nature se fait par étapes. Il s’agit tout d’abord de se donner les moyens d’améliorer notre hygiène de vie.

Nous consommerons de plus en plus de de produits locaux et frais. Nous prendrons davantage soin de notre repos. Nous passerons de plus en plus de temps dans la nature.

Une relation de plus en plus intime emprunte de confiance s’installera ainsi progressivement entre nous et la Nature. Nous donnons alors une chance à nos sens ainsi qu’à notre sagesse innée de se réveiller.

Cultiver le calme intérieur

Cultiver le calme intérieur c’est déjà de prendre de la distance face aux difficultés rencontrées. Il existe de nombreuses pratiques (la méditation, le qi gong, le tai chi, le pranayama, les arts martiaux) qui aident à développer ce calme intérieur. Toutes impliquent la relaxation, l’écoute intérieure, la respiration profonde. Pour pénétrer l’esprit de wu wei, il nous faut en effet développer une écoute toujours plus fine de nos sensations, des stimuli extérieurs.  Cela nous permet de renouer avec notre intuition, notre instinct animal.

La pratique de l’aviation, l’escalade, la plongée, la pratique d’un art tel que la peinture, la musique ou encore l’artisanat comme la poterie, le travail du bois… contribuent aussi à développer nos cinq sens et notre écoute intérieure.

Avoir foi en la vie

Vivre wu wei suppose avoir foi en la vie. Cela nous demande de renoncer aux conditionnements qui nous limitent et nous poussent à la peur. Cela nous invite à développer un profond amour de la vie sous toute ses formes. Nous devons pour cela abandonner le contrôle pour laisser l’univers organiser pour nous la meilleure solution face aux problèmes divers que nous rencontrons.

Nul besoin de « je dois… », « il faut que je… ». S’il est juste d’avoir un certain sens des responsabilités, il est cependant nocif de n’agir que par devoir, par respect des conventions sociales, par routine etc.

Dès lors que nous comprenons qu’une majorité des règles édictées par nos sociétés, nos gouvernements, nos parents, sont notre prison, nous faisons le premier pas pour vivre le non-agir. Se détacher des conditionnements sociaux et être vraiment libre demande du temps, de la persévérance, et du courage.

Dans ce chemin, beaucoup renoncent par peur de perdre des amis, d’être regardés de travers par les autres…

Mais plus l’on avance dans ce chemin, plus on en découvre les bénéfices inestimables. La pratique du non-agir permet paradoxalement à nos actions de devenir plus efficaces et constructives. Nous dépensons moins d’énergie inutile, et sommes d’autant plus disponibles. Wu Wei nous procure un sentiment d’éveil détendu, une attention alerte et paisible qui se révèle joyeuse et énergisante. Il nous éveille à une forme de sagesse. Il nous est ainsi de plus en plus facile de nous laisser porter par le flux de la vie.

Le processus de création

Les grands artistes vivent wu wei à travers leur création. L’inspiration leur vient de ce lien avec l’énergie universelle qui anime toute vie, et de leur capacité à s’y abandonner. Depuis la nuit des temps l’inspiration et le processus de création fascinent. Picasso, ou Dali ont été filmés en train de créer. Aujourd’hui on organise des happenings où l’on voit un artiste peindre en direct.

Sous la dynastie chinoise des Tang, dans la Chine ancienne, wu wei est un élément central de la pratique artistique. La tâche du peintre n’est pas d’imiter l’apparence des choses, mais de se connecter étroitement avec l’esprit d’une montagne, d’un arbre, d’un oiseau et de laisser cet esprit s’écouler à travers le pinceau sur la soie.

L’acte de peindre est révéré en soi. Le poète Fu Zai décrit ainsi une grande fête organisée pour voir le peintre Zhang Zao à l’œuvre :

« Au milieu de la pièce, il s’assit, les jambes écartées, respira profondément et son inspiration commença à jaillir. Les personnes présentes étaient aussi effrayées que si un éclair traversait le ciel ou qu’un tourbillon s’élevait dans le ciel. L’encre semblait jaillir de son pinceau volant. Il frappa dans ses mains avec un bruit de craquement. Soudain, des formes étranges apparurent. Lorsqu’il eut terminé, il y avait des pins, écaillés et déchirés, des falaises abruptes et précipitées, de l’eau claire et des nuages turbulents. Il jeta son pinceau, se leva et regarda dans toutes les directions. On aurait dit que le ciel s’était éclairci après un orage, pour révéler la véritable essence de dix mille choses. »

Wu Wei, la magie du non-agir

Wu Wei, la magie du non-agir

Un concept taoïste riche d’enseignements

Wu Wei ( ) est une notion taoïste couramment traduite par « non-agir ». Il désigne une attitude face à la vie qui consiste à agir en harmonie avec le mouvement de la Nature et de ses lois. Lao Tseu (voir encadré) en avait fait un principe de gouvernement idéal ; ainsi le trône de plusieurs empereurs chinois portait l’inscription « wuwei » sur un panneau de laque.

Ce principe est particulièrement intéressant à explorer à une époque où l’Homme vit à contre-courant du flux naturel de la vie, cherchant à tout posséder, planifier et contrôler, y compris la nature. Avec wu wei, il s’agit de s’abandonner au flux de la vie, en la laissant nous traverser et nous guider. Ce n’est pas pour autant une attitude de passivité qui est évoquée ici, mais l’idée d’une action juste et adaptée.

Notre vie est de plus en plus déconnectée de la nature, de ses rythmes. Le conditionnement social valorise la suractivité, la compétition, la rapidité d’exécution, le « toujours plus ». Dès le plus jeune âge, nous sommes programmés à faire plaisir à nos parents, à réussir, à nous conformer aux règles sociales, donc à répondre à des attentes extérieures. A tel point que nous perdons le sens de qui nous sommes et de quelles sont nos aspirations profondes. Nous agissons la plupart du temps par devoir, et non par élan vital. Nous privilégions le « FAIRE » au détriment du « ÊTRE ».

Retrouver l’harmonie avec la nature

L’aventurière suisse Sarah Marquis voue sa vie à se fondre dans la nature, parcourant les terres les plus hostiles sans réserve de nourriture ni villages sur son chemin. Elle y a survécu à la faim, à la soif, en réveillant en elle les fabuleuses ressources que chacun de nous possède au fond de lui, ce que l’on appelle l’instinct animal. Elle explique comment, après un certain temps passé loin de la « civilisation », elle peut sentir la présence d’eau à 5 km alentour !

Certes, la vie sur terre suppose un certain nombre d’actions pour maintenir la vie : se nourrir, apprendre, prendre soin de notre santé, de nos enfants… Mais ces tâches devraient être accomplies de façon à contribuer à notre épanouissement, et non pas nous réduire à un état de quasi-esclavage.

Les principes du Yang Sheng de la médecine chinoise vont dans le même sens : plus nous vivons en harmonie avec la nature et avec notre propre nature, meilleure est notre santé.

Pratiquer Wu Wei, c’est donc accepter de laisser la vie agir à travers nous. Cet état de disponibilité est caractérisé par l’absence d’effort, une facilité qui permet à la bonne action de se dérouler au bon moment et de la bonne manière.

Cela suppose d’avoir confiance en la vie, en cette intelligence qui est à l’œuvre en nous et autour de nous, et que les Chinois appellent le Tao.

Lâcher-prise sur nos conditionnements et croyances

Cela implique d’abandonner nos conditionnements sociaux, nos croyances, pour répondre de façon plus spontanée et intuitive aux événements, comme l’enfant en bas-âge qui n’a pas encore été formatté par l’école et la société. Cela suppose aussi de faire abstraction de nos objectifs et volontés égotiques, et également des innombrables pressions sociales.

Pratiquer Wu wei se traduit par un retour à une vie plus simple, à une reconnexion à notre être complet, à la fois matériel et spirituel. Nous devons pour cela renoncer à certains aspects de notre vie qui sont source de stress, de résistance et de souffrances.

Chacun a fait l’expérience de cet état caractéristique de Wu Wei au moins une fois dans sa vie. Il/Elle a vécu cet état de grâce où les événements s’enchaînent comme par enchantement, et où nous obtenons des résultats inespérés sans rien avoir fait de spécial. On peut même croire parfois à un véritable miracle.

Le flow ou la magie de wuwei

Les sportifs de haut niveau connaissent bien cet état de fonctionnement optimal. Ils recherchent cet état qu’ils appellent le flow ou la zone.

« En état de flow le sportif semble pouvoir réaliser sa performance dans des conditions extrêmement favorables regroupant par exemple la concentration, l’automatisation des gestes, le plaisir, la sensation d’équilibre entre le défi et ses habiletés » explique le chercheur et auteur Jackson.

C’est aussi le cas des artistes, ou de génies de la science, qui dans des moments d’inspiration reçoivent les notes de musique, les mots, les recettes de cuisine… voire les équations mathématiques. Ils sont alors dans un état de disponibilité et de connexion avec la Nature et son intelligence, qui permet à celle-ci de pénétrer en eux.

Mais expérimenter Wu Wei ainsi, ponctuellement, ne signifie pas pour autant vivre dans l’esprit de Wu Wei. Vivre le Non -agir est une philosophie de vie ; cela suppose une remise en question de nos priorités et une transformation progressive de notre état d’être. Dans une deuxième partie, nous verrons quelles voies et pratiques peuvent nous permettre de nous rapprocher de cet état de Wu Wei.

Car cet état procure une sensation incroyablement agréable qui rend notre vie plus belle et nos actions plus efficaces. De quoi embellir notre vie et celle de notre entourage. En effet, en nous reliant profondément à la nature, nous respectons naturellement toute vie autour de nous.

Lao Tseu, le père de wuwei

 

Selon la tradition chinoise, Li Eul ou Lao Tan, plus connu sous le nom de Lao-tseu ou Laozi (Vieux Maître) aurait vécu au VIe siècle avant J.-C. Il est considéré comme le père du taoïsme, et est l’une des figures mythiques de la Chine ancienne, à l’instar de Confucius.

Sa vie a donné lieu à de nombreuses légendes : après une naissance miraculeuse, il aurait vécu deux cents ans et aurait dispensé quelques enseignements au jeune Confucius. Il aurait été archiviste et astrologue des empereurs Zhou. Il se serait ensuite enfuit vers l’ouest, écœuré par la décadence de cette dynastie. Avant de franchir la frontière indienne, il aurait confié au garde son testament philosophique, le ‘Tao-tö king’ ou « Livre de la Voie et de la Vertu), un texte majeur du taoïsme. On ignore comment il est mort.

Lao-tseu est considéré par les taoïstes comme un dieu (太上老君, Tàishàng lǎojūn, « Seigneur suprême Lao ») et comme leur ancêtre commun. Il est représenté comme un vieillard à la barbe blanche, parfois monté sur un buffle.

Le tao vise à épurer l’homme et à le conduire vers la juste voie et la vertu. L’une des doctrines principales de Lao Tseu est celle du non-agir qui doit inciter l’humain à ne pas dépenser d’énergie inutilement, et à se détacher des désirs encombrants. La pensée taoïste propose la méditation comme condition de l’ouverture au monde.

Ba Duan Jin : Soutenir le Ciel

Ba Duan Jin : Soutenir le Ciel

Qi gong des Huit pièces de brocart, n° 1

Cet article est le premier d’une série de huit, chacun traitant d’un exercice appartenant à la suite appelée Ba Duan Jin ou Huit pièces de brocart, un des qi gong les plus connus et les plus anciens (voir encadré).

La forme de Ba Duan Jin que nous enseignons est beaucoup pratiquée aujourd’hui dans le monde entier et elle est accessible à tout âge. Elle est un excellent complément à nos thérapies. Pratiquée tous les jours, elle améliore sensiblement la santé. Pour débuter, nous recommandons de pratiquer avec un maître de Qi gong pour éviter tout déséquilibre énergétique. En effet, le qi gong est extrêmement puissant.

雙手托天 – Soutenir le Ciel avec les mains

Le premier exercice des Huit pièces de Brocart se nomme Liǎngshǒu tuō tiān lǐ Sān Jiāo » (两手托天立三交) qui signifie littéralement « Soutenir le Ciel avec les mains régularise les 3 réchauffeurs ».

Cet exercice améliore la circulation du Qi dans son ensemble. En élevant les bras, on aide à débloquer les méridiens et l’on favorise une circulation plus fluide de l’énergie vitale, qui elle-même contribue à l’amélioration de la santé.

Trois foyers

En se concentrant sur l’élévation des bras, on ouvre et on stimule le méridien du San Jiao (Trois Réchauffeurs). Grâce à son action sur ce méridien, cet exercice normalise les fonctions de la respiration, de la digestion et de l’élimination.

En effet, les trois réchauffeurs, ou trois foyers, qui donnent leur nom à ce méridien sont :

  • Le réchauffeur supérieur, situé dans la cage thoracique, qui comprend le Cœur et le Poumon ;
  • Le réchauffeur moyen, situé entre le diaphragme et le nombril, qui comprend la Rate et l’Estomac ;
  • Le réchauffeur inférieur, situé entre le nombril et le pubis, qui comprend le Foie, les Reins, le Gros intestin, l’Intestin grêle et la Vessie.

Bénéfices pour la santé

Voici quelques aspects médicaux liés à cette pratique. Le Qi gong en général soulage la fatigue physique et apaise le mental.

  • Renforcement des bras et des épaules :
    En élevant régulièrement les bras, cette pratique peut aider à renforcer les muscles des bras et des épaules, ce qui peut être bénéfique pour les personnes souffrant de douleurs ou de raideurs dans ces zones.
  • Relaxation et réduction du stress :
    Le Qi Gong est connu pour ses effets apaisants sur le système nerveux. La respiration contrôlée et les mouvements lents favorisent la relaxation, ce qui peut aider à réduire le stress et l’anxiété.
  • Amélioration de la posture et de l’alignement :
    Cette forme de Qi Gong encourage une posture droite et un alignement correct du corps, ce qui contribue à atténuer les problèmes de posture et les douleurs associées. Il peut par exemple aider à corriger la cyphose dorsale.
  • Stimulation du système lymphatique :
    Les mouvements doux et lents du Qi Gong stimulent le système lymphatique, favorisant ainsi l’élimination des toxines et des déchets du corps.
  • Promotion de la circulation sanguine :
    En augmentant l’activité des bras et des épaules, cette forme de Qi Gong peut également contribuer à une meilleure circulation sanguine.

« Soutenir le Ciel » : pratique

Pratique 8 pieces -Soutenir le ciel

 Préparation :

Nous recommandons de commencer par des mouvements simples et de les pratiquer régulièrement pour apprendre à ressentir le flux du qi circulant dans le corps.

Pour bien pratiquer le Qi Gong, il faut être régulier, détendu, et ne pas bloquer le Qi. La respiration est lente, régulière, et abdominale. Il est recommandé de porter des vêtements amples.

Les jambes sont légèrement écartées. Les genoux sont débloqués, les bras pendent sur le côté. La tête est bien droite dans le prolongement du tronc. Ce qui veux dire que ma posture me permet de rester relaxé sur mes pieds, le poids du corps réparti sur l’ensemble du pied. Je ne suis ni légèrement en avant ni légèrement en arrière. Le regard est franc et regarde droit devant, et loin (même si je suis devant un mur).

Exercice :

  1. Les mains se rejoignent en coupe sous le nombril à l’expir.
  1. Dans un long très lent inspir, les mains, paumes vers le haut, s’élèvent de manière extrêmement relaxée, un peu comme si elles étaient aspirées toute seules vers le haut.
  1. Arrivées au niveau du cœur, les paumes se retournent pour continuer leur ascension vers le haut, comme si elles poussaient le ciel. Les épaules restent détendues.
  1. Le regard, lui, suit les paumes sans jamais pencher la tête ni vers le bas, ni vers le haut. Seuls les yeux bougent.
  1. Enfin, au bout de l’inspir, les mains soutiennent le Ciel, les bras restent légèrement pliés. Puis les mains à nouveau s’inversent comme pour ramener l’énergie du Ciel vers l’abdomen. Tout cela dans un mouvement délicat et harmonieux.
  1. C’est maintenant une longue et lente descente vers l’abdomen qui commence, rythmée par l’expir.
  1. Arrivées à nouveau en-dessous du nombril, les paumes se retournent à nouveau harmonieusement pour entamer le cycle suivant. A aucun moment il n’y a eu de coupure, ni de changement de rythme.

Au début, le pratiquant peut pratiquer la montée des bras sur un inspir plus un expir, idem pour la descente. Avec le temps, le pratiquant ralentit sa respiration et donc le rythme de sa routine. En Qi gong, la lenteur et l’harmonie sont la clé de l’efficacité !

Ba Duan Jin, ou les Huit pièces de Brocart

Le Ba Duan Jin est l’un des Qi gong les plus anciens et les plus connus. Il consiste en une suite de huit exercices. Il en existe une centaine de versions, y compris celle du temple Shaolin. Le Ba Duan Jin est aussi connu sous le nom des Huit pièces de Brocart, en référence aux longs manteaux en brocart – une étoffe de soie rehaussée de dessins brochés d’or et d’argent – portés par les dignitaires de l’empire chinois. Ceux-ci sont le symbole de la bonne santé.

On ignore l’origine exacte des Ba Duan Jin même si la légende rapporte que Bodhidharma l’aurait élaborée au Ve siècle au monastère Shaolin. La forme du Nord est connue pour avoir été pratiquée par le célèbre général, calligraphe et poète Yue Fei (岳飛), qui vécut au 12e siècle sous la dynastie des Song. Celui-ci développa les 8 pièces de brocart pour renforcer la volonté, le courage et la santé de ses soldats. Cette pratique permet en effet d’améliorer l’immunité, et de développer le calme intérieur et la force d’agir dans la vie. La posture du cavalier, que l’on retrouve à plusieurs reprises dans le Ba Duan Jin, est particulièrement propice au développement de cette force, de cette présence à soi, et de cette détermination.